Gassendi
Collège
Digne les Bains
 

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jeudi 9 mars 2017, par CPE

François CUZIN

François CUZIN naît le 15 août 1914 dans la maison de son oncle, le mathématicien Elie CARTAN, au Guinet, à deux pas de celle de sa cousine Jeanne, à qui nous devons l’essentiel du savoir de son histoire.
De caractère enjoué, farceur à l’occasion, curieux de tout, aimant la nature et sa campagne qu’il retrouve aux vacances scolaires, son père est alors directeur des tissages LAFFONT à Lyon. Ses études secondaires commencent au lycée Ampère dans cette même ville, où chaque année, il remporte de nombreux prix.
En 1933, ses parents quittent le Rhône pour ouvrir un magasin de vulcanisation à Toulon et peu après, François d’une santé fragile depuis plusieurs années, doit subir une délicate intervention chirurgicale qui le prive par la suite du service militaire actif, mais ne l’empêche point de poursuivre de brillantes études au lycée Lakanal à Paris, avant d’être reçu premier au concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieur pour en sortir deuxième, agrégé de philosophie.
Dès le début des hostilités de la seconde guerre mondiale, il se rapproche du comité national des intellectuels et du mouvement de libération. Il choisit son premier poste au collège Gassendi à Digne-les-Bains pour être près du maquis d’une région qu’il connaît bien ; il y prend ses fonctions en octobre 1943. Il devient sitôt après responsable des services de sécurité à l’Etat-major des F.F.I. et du comité départemental de libération sous le pseudonyme d’Etienne. En mai 1944, il met en place le comité local de libération de Digne.
Avec le chef civil de la résistance dans les Basses Alpes, MARTIN-BRET et plusieurs compagnons, il se rend à une réunion urgente à Oraison le 16 juillet 1944. Arrivés sur place, ils ne voient aucun des chefs du maquis, qu’ils doivent retrouver et flairent aussitôt le piège. Il est hélas trop tard, le traquenard se referme inexorablement sur eux et tous seront emmenés à Marseille. François CUZIN subira la torture sans parler et sera exécuté à Signes dans le Var, le 19 juillet 1944.
François CUZIN était sans doute à l’aube d’une riche carrière. Un universitaire ; une personnalité aussi brillante aurait inévitablement conduit le professeur de philosophie qu’il était à s’exprimer sous diverses formes littéraires.
En 1971, le conseil de l’U.E.R. de philosophie de Paris 1 Sorbonne a décidé de donner le nom de François CUZIN à l’une de ses salles. Le jour de la cérémonie présidée par Messieurs le Recteur et le Président de Paris 1, la vieille maison accueille avec le Professeur JANKELEVITCH toute la classe philosophique du moment, ainsi que Jean GUEHENNO, Académicien et ancien professeur de François CUZIN qui écrira, le lendemain dans un grand quotidien parisien : « Je n’ai jamais eu de plus prodigieux élève, j’ai toujours pensé que c’était un jeune JAURES. »
La rue de Toulon où était le magasin paternel porte depuis longtemps le nom « d’Avenue François CUZIN » tout comme une artère de la ville de Digne (avenue du collège où il a enseigné).
François CUZIN repose aux côtés de ses parents et grands-parents dans le tombeau familial à Dolomieu depuis octobre 1946. Seule une brève épitaphe rappelle ce que fut sa mort et c’est bien peu pour un homme qui a tout donné.
François CUZIN compte dans notre mémoire parce qu’il a été un grand résistant.
Bien que passant tous les jours dans la rue François CUZIN, devant les plaques qu’il y a dans l’enceinte du collège, pour nous son nom n’évoquait rien.

Dès aujourd’hui nous ne serons plus ignorants et regarderons notre collège et toutes ces plaques avec un autre œil.
En dure épreuve, comme on respire, on agit. François CUZIN fut, par nature et par sentiment la Résistance même. Il n’eut pas comme d’autres à apprendre le mot feutré. Dans les moindres actes il exprima que cette histoire-là, bien de vie et de mort, n’était pas un tremplin pour s’élancer, mais un pas à pas, plein de difficultés et d’humilité, d’audace et d’ombre, où l’avenir, si ‘on venait à faillir, ne serait qu’un enfant mort-né.
Tous ceux qui approchèrent alors François CUZIN l’ont su et ne l’ont que plus aimé.
René Char a combattu au cotés de François. Il fait paraître ce poème dans le journal Le Monde, le 12 juillet 1969, vingt-cinq ans après la disparition du résistant que fut François CUZIN.

Tania ROUX,
Élève de 3ème

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